Courageuse, cette nette rousse mâle (Netta rufina) contrait le vent et tentait de rejoindre les berges pour trouver l’accalmie.
Il y a une quinzaine d’année, la nette rousse (Netta rufina) était très rare à Genève.
Je connaissais juste une nette rousse mâle qui vivait avec un couple de colvert.
Son superbe bec rouge marque les esprits.
La femelle est plus terne, Son corps a deux nuances de bruns, son bec est gris foncé avec le bout rose.
En Suisse, depuis l’interdiction des phosphates dans les lessives en 1985 et l’amélioration de la qualité de l’eau par une meilleure épuration, la population des nettes rousses a progressivement augmentée. Si bien que de nos jours, environ deux tiers de la population européenne des nettes rousses hivernent sur nos lacs dont cinquante pour cent sur le lac de Neuchâtel.
Ce week-end a rendu plus d’un ornithologue heureux. Nous avons eu la belle surprise d’avoir la visite d’une spatule blanche (platalea leucordia).
Les premières observations de spatules blanches sur le canton de Genève datent de 1973. En 1974, elles ont été à nouveau signalées, puis il a fallu attendre 2008 pour une nouvelle observation. Depuis , il y a quelques signalements sporadiques.
Elle est très facilement identifiable avec son bec hors du commun. Sa façon de se nourrir est particulière. Elle enfonce son bec dans l’eau et bouge la tête latéralement tout en avançant.
Il existe cinq autre espèces avec un bec similaire. La spatule d’Afrique, la petite spatule, la spatule à bec jaune, la spatule royale avec une huppe de plumes érectiles qui fait penser un peu à la crinière d’un lion et la spatule rosée avec des plumes alaires roses.
Cette marouette poussin femelle (Porzana parva) créait le spectacle à elle seule.
Elle a fait une petite halte à La Nouvelle Plage des Eaux-Vives. Son escale a fait sensation et très rapidement elle est devenue une célébrité sur les sites de recensement ornithologique et de photographie animalière.
Celle-ci avait la particularité d’être peu farouche. Elle se nourrissait tranquillement au vu et au su de tous.
Certains l’ont prise pour un bébé râle d’eau.
Il est vrai qu’il y a une certaine similitude entre la marouette poussin mâle et le râle d’eau mâle. Cependant la marouette poussin adulte est nettement plus petite (17 à 19 cm) que le râle d’eau (23 à 26 cm) et surtout le bec du râle d’eau est long et rouge, alors que celui de la marouette poussin est court et droit, jaune avec une base rouge.
Photographier le râle d’eau (rallus aquaticus) n’est pas un exercice facile, tant il est farouche Il se fond dans la roselière, son habitat de prédilection. L’observer en train de prendre son bain est une gageure !
Souvent, on l’entend, mais on n’arrive pas à l’apercevoir.
Son cri ressemble à celui d’un petit cochon.
Ce râle d’eau semble presque détendu. C’est un fait plutôt rare.
En général, on l’entraperçoit, qui va, d’un air courroucé, se réfugier, d’un pas vif, dans les hautes tiges.
Malgré sa nature discrète, les râles d’eau peuvent être domestiqués. Quelqu’un a réussi à obtenir qu’un râle d’eau attrape des vers suspendus à une canne à pêche.
Ce castor était tellement impatient d’habiter dans son nouveau logis qu’il y a dormi lorsqu’il n’était pas encore totalement aménagé.
Ce qui a été une grande chance pour nous.
C’est grâce à cela qu’il a été repéré. Il dormait la tête à l’abri et le postérieur à l’extérieur.
Toutes les 10 à 15 minutes environ, il bougeait un petit peu.
Nous sommes restés environ deux heures à l’observer. Nous étions sur le point de partir quand il a bougé un peu plus. Et là, miracle, il s’est un peu frotté le museau, il a jeté un petit regard dans notre direction ,puis il s’est tourné de l’autre côté. Dès lors, nous avons à nouveau eu la vue sur son arrière-train.
Le clou du spectacle a duré à peine une dizaine de secondes !
Quel moment intense.
Nous sommes retournés les jours suivants, nous ne l’avons pas vu. Par contre nous avons constaté que les pierres avaient bougées. On imagine que maintenant son installation est terminée et qu’il peut dormir le corps entier à l’abri des regards indiscrets.
La semaine passée à la retenue du barrage de Verbois, il y avait un couple de canards siffleurs (mareca penelope). C’était le seul couple de cette espèce.
Une petite thérapie de couple ne leur aurait pas fait de mal.
Le mâle allait faire le beau vers les canes des autres espèces. Entre autre une cane chipeau.
De son côté, la femelle avait trouver refuge auprès d’un couple de cygnes. Ils l’avaient pris sous leurs ailes, même « son mari » ne pouvait l’approcher. Dès que ce dernier venait, les cygnes lui soufflaient dessus.
Il y a quand même eu un petit moment d’intimité. Les deux canards siffleurs sont montés sur le tronc d’arbre et ont fait ensemble la lustration de leur plumage.
Lors de la parade nuptial, le mâle hérisse les plumes de sa tête, siffle et déplie de temps en temps ses ailes.
Malgré son plumage jaune citron, j’ai failli passé à côté de ce bel oiseau qu’est le tarin des aulnes mâle (spinus spinus).
Ils étaient trois, très affairés à se régaler d’un de leur mets favoris
Leur bec est spécialement conçu pour se glisser sous les cônes. Il est aplati latéralement.
La grandeur de la bavette, la tâche noire, sous son bec est un signe de distinction sociale. Ce sont les tarins aulnes dominants qui arborent les bavettes les plus larges.
La nature a n’a pas lésiné au niveau du bec du canard souchet ( Spatula clypeata).
Sujet sur lequel, il est un peu chatouilleux !
Son bec, en forme de spatule, muni de soie sur les côtés lui permet de filtrer l’eau qu’il aspire, puis de la rejeter sur le côté. Ainsi il peut ne retenir que le plancton.
Il a mis également au point une méthode bien à lui pour se nourrir. Il lui arrive de tourner volontairement en rond dans une zone intéressante afin de créer des remous et de faire remonter la nourriture qui l’intéresse.
La femelle souchet a des couleurs similaires à la cane colvert, c’est justement la forme et la grandeur du bec qui les différencient.
C’est un canard silencieux, hormis à la période des amours où là, il émet des « Touk Touk ».