J’étais à la recherche d’une fauvette babillarde quand mon oeil a été attiré pa un mouvement et une masse sombre dans un arbre à une hauteur d’environ 1m50.
Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un surmulot.
Lui, a également été surpris et il s’est enfui en longeant avec agilité le tronc d’arbre.
Deux semaines plus tard, j’ai eu l’occasion de rencontrer un autre individu, ailleurs, dans un environnement plus habituel.
J’ai passé un moment rare avec ce combattant varié (calidrix pugnax).
Il arrive relativement souvent que des limicoles ne soient pas très farouches, car certains viennent de la toundra où ils n’ont jamais rencontré d’humain, par conséquent, il ne l’assimile pas à un prédateur.
.J’ai demandé à un ami de photographier ce beau moment. Sur la photo, le combattant varié n’est guère visible car son plumage à motif d’écailles se confond avec le sable et les cailloux. Il est au bord de la rive à environ 1 mètre 50 de mes chaussures.
Déjà l’année passée, un autre combattant varié avait fait le buzz. Il était resté du 13 au 24 septembre.
C’est vraiment quelque chose d’incroyable d’être si proche d’un être si frêle, Les femelles les plus fines pèsent 70 grammes et les mâles les plus costauds 230 grammes.
Tôt le lendemain matin, j’étais en chemin pour voir si les bécasseaux violets et les tournepierres étaient encore là.
Le long des rives, sur la platebande herbeuse, mon regard a été attiré par un mouvement.
Ce beau pluvier doré (Pluvialis apricaria) se trouvait à quelques mètres. J’ai juste eu le temps de prendre trois photos. Quand je me suis baissée pour être à sa hauteur et prendre de plus belles photos, il s’est envolé, loin, du côté des immeubles.
La veille, les bécasseaux violets et les tournepierres étaient si peu farouches que j’ai été surprise qu’il s’en aille.
Le pluvier doré est un grand migrateur. Il peut effectuer jusqu’à 20’000 km par an,
sa migration peut être imprévisible, car il l’adapte à la météo. Ils migrent en groupe ou en couples et parfois même en solitaire.
Le pluvier doré est de nature monogame et reste en couple plusieurs années. Le partage des tâches varient d’un couple à l’autre, pour certains l’un couvera le jour, l’autre la nuit. D’autres préfèrent changer à intervalles réguliers. Les deux parents sont très investis. Peu de temps après l’éclosion, les poussins sont emmenés sur les lieux de nourrissage proches du nid. Les parents restent tout près afin de les protéger le cas échéant.
bécasseau violet (calidris maritima) et tournepierre à collier (Arenaria interpres)
À Reykjavik pour quelques jours début septembre, je ne m’attendais pas à y observer des tournepierres (Arenaria interpres) et encore moins des bécasseaux violets (calidris maritima).
Il y avait entre cinquante à cent tournepierres et une vingtaine de bécasseaux violets. Les tournepierres étaient en plumage d’hiver identiques à celui photographié à Genève en août, sauf celui-ci qui paradait dans son plumage nuptial.
Les bécasseaux violets que j’avais observés à l’Ile de Ré étaient en plumage nuptial.
Les tournepierres sont en principe en groupe, ceux que nous pouvons observer à Genève sont des individus qui se sont perdus.
Il y a peu, il était encore très rare de voir des tournepierres à collier (Arenaria interpres) à Genève.
La première observation relevée date de 1984. Puis il a été vu à nouveau en 1986 et 1989. Entre 1989 et 1994, il y avait environ une observation par an. Il a fallu ensuite attendre 2011 pour observer un individu.
Entre 2015 et 2019, il y a eu quelques observations, puis plus rien jusqu’en 2022, année où il y a eu juste une observation.
Depuis 2023, les observation se comptent pas dizaine. En 2023, il y a eu au moins deux individus différents. Ils ont tellement aimé la région qu’ils y sont restés plusieurs jours, même plusieurs semaine pour l’un d’eux.
Étant donné qu’il s’agit en général de juvénile, la question se pose de savoir comment se transmet l’information.
Car les nouveaux venus ne viennent pas simplement à Genève, mais exactement au même endroit,
Pour les tournepierres à collier, il s’agit de la même plage, pour les rolliers d’Europe du même fil électrique et pour d’autres espèces, du même arbre ou du même champ.
Cela semble dépasser la simple transmission génétique. Et vous qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à partager votre avis sur le sujet.
Bécasseau variable en plumage nuptial (Calidris alpina)
Quelle belle surprise de croiser le chemin de ce magnifique bécasseau variable en plumage nuptial (Calidris alpina).
Nous nous attendions pas à voir un limicole. La personne qui nous avait indiqué sa présence, nous avait parlé d’un moineau à long bec.
Il se trouvait tout au bout de la jetée du Grand-Canal de la réserve naturelle des Grangettes.
l semblait un peu paumé. Il était là à quasiment ne rien faire. Ne mangeait presque pas.
Peu farouche. La distance d’approche était d’environ 5 mètres. Si on essayait de réduire la distance, sans s’envoler, il faisait quelques pas pour garder cette même distance.
Parfois des vagues venaient s’écraser sur la jetée. Ses pattes et…. moi, couchée sur la jetée, étaient trempées.
Est-ce le père ou la mère de cette fauvette grisette ( (Curruca communis) qui a construit leur nid ?
Le mâle de la fauvette grisette construit plusieurs nids afin que la future mère de ses enfants puisse choisir. Si l’un des nids convient à la femelle. Elle le complétera afin d’y mettre sa petite touche personnelle.
Cependant, parfois, aucun des nids n’a l’heur de lui plaire et dans ce cas, elle le bâtit de A à Z.
Les couples sont en principe monogames.
Il y a un dimorphisme sexuel, le mâle a du plumage gris. La femelle est plutôt d’un brun-roussâtre. C’est avec l’âge que parfois elle grisonne un peu.
P.K MacGregor a étudié longuement les bruants proyers et a identifié que les proyers ne parlaient pas tous la même langue. Et de ce fait, un bruant proyer réagit différemment si l’autre bruant proyer « parle » le même dialecte que lui ou non. Il y aura une réponse comportemental à un dialecte local, alors qu’à 80% des cas, un dialecte étranger sera snobé.
Selon cette étude, il en ressort que les bruants proyers soient assez fidèle à leur territoire.
Dans le canton de Genève, je connais deux sites et je les ai observé presque à chaque fois sur le même arbre ou à quelques encâblures.
Les bruants proyers ne sont pas les seuls oiseaux qui aient des dialectes différents d’une zone géographique à l’autre.
Cet article très intéressant fait mention que l’on peut avoir une idée du trajet migratoire d’un pinson des arbres selon les langues qu’il a apprises durant son voyage.
Il ne reste que très peu d’oiseaux nicheurs en Suisse. Cela varie entre 60 à 160 selon les années. C’est assez instable. Le bruant proyer fait partie des espèces prioritaires . Il est considéré comme au bord de l’extinction en Suisse. Un programme de conservation a été mise en place. Soutenez- le, ainsi que tous les oiseaux, en adhérant à Birdlife
Ce week-end, j’ai participé à un évènement organisé par Pro Natura Aletsch.
J’ai dormi sur place à la Villa Cassel. L’endroit est magnifique. Autant la villa que le paysage environnant.
La Villa Cassel se mérite. Elle est située à plus de 2000 mètres et n’est accessible qu’à pied (30 minutes) avec un dénivelé d’environ 150 mètres.
J’ai été particulièrement chanceuse. Ma chambre (dortoir) donnait « vue sur tétras lyre«
Cela restait assez loin. Cependant suffisamment près pour les apercevoir à l’oeil nu.
Le beau temps n’était pas au rendez-vous, ce qui, en fait, était plutôt un avantage. Car, selon la guide, ils se sentent protégés par le brouillard et/ou la pluie.
J’ai assisté, depuis ma fenêtre, à plusieurs combats de tétras lyre, dont un saut spectaculaire.
La Villa Cassel est entourée d’une réserve naturelle avec une biodiversité remarquable. Il y a, côté ornithologique, des cassenoix mouchetés, des linottes mélodieuses, des merles à plastron, des accenteurs mouchetés. Et, côté botanique, des orchis sureau et des anémones de printemps. La liste n’est, évidemment, pas exhaustive.
Les marmottes se situent plus près du village de Riederalp.