Le 29 décembre, nous avons organisé au Conservatoire et Jardin botanique de Genève un casting* mésanges.
Nous leur avons préparé le cadre, une belle branche avec un fond harmonieux.
Nous les avons rémunérées de graines de tournesols biologiques.
Elles sont venues en grands nombres. Principalement des mésanges charbonnières (Parus major), quelques mésanges bleues (Cyanistes caeruleus) et deux-trois mésanges noires (Periparus ater).
Il y a même une sittelle torcheto (Sitta europaea) qui s’est présentée.
La plupart des participantes n’ont pas bien saisies qu’il fallait se poser tranquillement pour le shooting photos.
Celle qui a été retenue est donc cette jolie mésange noire.
* nota bene: ce genre de casting ne doit se faire qu’en hiver et dans des parcs publics.
Ce martin-pêcheur ( (alcedo atthis)) nous a fait la grâce d’un long spectacle.
Cela a commencé à 9h52. Juste un peu avant un râle d’eau était venu, derrière les rideaux de roseaux, voir si les spectateurs étaient bien installés et silencieux.
Puis la star, paré de son magnifique plumage bleu et orange flamboyant a fait son apparition.
Pendant deux longues minutes, le martin-pêcheur s’est posé et nous avons pu le photographier tout à loisirs.
Puis le premier plongeon a eu lieu. Sans succès. Peut-être n’était-ce que l’échauffement.
Nouvelle cession de pose photos.
Puis nouvel essai. Afin de rendre le spectacle encore plus attractif, il faisait quelques fractions de seconde un vol stationnaire. Ensuite il plongeait vif comme l’éclair.
Une fois, le poisson attrapé, il s’est installé une seconde sur un autre tronc pour le manger.
Puis, il y a eu l’entracte.
Entre-deux, afin que nous ne nous ennuyons pas, le râle d’eau faisait quelques apparitions.
La deuxième partie a repris à 10h12, très semblable à la première partie.
Il s’en est suivi une autre pause.
À 10h35, après une pêche plus fructueuse, la représentation s’est terminée.
Les spectateurs sont repartis éblouis. La joie se lisait sur les visages.
J’étais à la recherche d’une fauvette babillarde quand mon oeil a été attiré pa un mouvement et une masse sombre dans un arbre à une hauteur d’environ 1m50.
Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un surmulot.
Lui, a également été surpris et il s’est enfui en longeant avec agilité le tronc d’arbre.
Deux semaines plus tard, j’ai eu l’occasion de rencontrer un autre individu, ailleurs, dans un environnement plus habituel.
Il y a peu, il était encore très rare de voir des tournepierres à collier (Arenaria interpres) à Genève.
La première observation relevée date de 1984. Puis il a été vu à nouveau en 1986 et 1989. Entre 1989 et 1994, il y avait environ une observation par an. Il a fallu ensuite attendre 2011 pour observer un individu.
Entre 2015 et 2019, il y a eu quelques observations, puis plus rien jusqu’en 2022, année où il y a eu juste une observation.
Depuis 2023, les observation se comptent pas dizaine. En 2023, il y a eu au moins deux individus différents. Ils ont tellement aimé la région qu’ils y sont restés plusieurs jours, même plusieurs semaine pour l’un d’eux.
Étant donné qu’il s’agit en général de juvénile, la question se pose de savoir comment se transmet l’information.
Car les nouveaux venus ne viennent pas simplement à Genève, mais exactement au même endroit,
Pour les tournepierres à collier, il s’agit de la même plage, pour les rolliers d’Europe du même fil électrique et pour d’autres espèces, du même arbre ou du même champ.
Cela semble dépasser la simple transmission génétique. Et vous qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à partager votre avis sur le sujet.
P.K MacGregor a étudié longuement les bruants proyers et a identifié que les proyers ne parlaient pas tous la même langue. Et de ce fait, un bruant proyer réagit différemment si l’autre bruant proyer « parle » le même dialecte que lui ou non. Il y aura une réponse comportemental à un dialecte local, alors qu’à 80% des cas, un dialecte étranger sera snobé.
Selon cette étude, il en ressort que les bruants proyers soient assez fidèle à leur territoire.
Dans le canton de Genève, je connais deux sites et je les ai observé presque à chaque fois sur le même arbre ou à quelques encâblures.
Les bruants proyers ne sont pas les seuls oiseaux qui aient des dialectes différents d’une zone géographique à l’autre.
Cet article très intéressant fait mention que l’on peut avoir une idée du trajet migratoire d’un pinson des arbres selon les langues qu’il a apprises durant son voyage.
Il ne reste que très peu d’oiseaux nicheurs en Suisse. Cela varie entre 60 à 160 selon les années. C’est assez instable. Le bruant proyer fait partie des espèces prioritaires . Il est considéré comme au bord de l’extinction en Suisse. Un programme de conservation a été mise en place. Soutenez- le, ainsi que tous les oiseaux, en adhérant à Birdlife
Fin avril, il y avait une grande activité sur le lac. Les couples de grèbes huppés (Podiceps cristatus) se formaient. J’observais la parade d’une couple en devenir, lorsqu’un troisième protagoniste s’est interposé entre eux. Une altercation assez vive a eu lieu. De loin, cela ressemblait un peu à des pas de tangos.
La parade des grèbes huppés est fascinante. Leurs crêtes déployées, les deux partenaires font une sorte de danse où face à face, tour à tour, ils se regardent, puis détournent la tête une fois à droite, une fois à gauche ou ils jettent leur tête en arrière en la secouant, puis de concert ils plongent. Ils en ressortent le bec plein de végétaux et presque debout, poitrine contre poitrine, ils en font offrande à l’autre.
J’ai même assisté à un accouplement. Cela a duré 6 secondes. Dès la fin de l’acte, toute trace de romantisme avait disparu. Le mâle a marché sur le dos de la femelle.
En réalité cette grande aigrette blanche (ardea alba) était réveillée depuis longtemps. Elle s’était posée une vingtaine de minutes avant. C’est après s’être toilettée (la séquence entière ici) et ébrouée comme un chien qu’elle a eu cet air ébouriffé look « je viens de me lever ».
Elles étaient deux, chacune dans « son » champ.
Celle-ci avait la particularité de ne pas être dérangée par les passants et les chiens. Le chemin était à environ une cinquantaine de mètres d’elle.
En rampant, puis cachée derrière un arbre, j’ai pu l’observer à une vingtaine de mètres.